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Aux sources du soin

Exploration de la médecine moderne à la lumière des sagesses universelles

Ce blog est une invitation à la réflexion sur le sens profond de la médecine, sur sa finalité universelle. Il a pour objectif d'interroger notre rapport moderne à la santé, éclairé par des textes de sagesses issus de toutes traditions et de toutes époques.

coucher de soleil à Ouessant

Après dix années de pratique de la médecine occidentale dite conventionnelle, en tant qu'interne des hôpitaux puis médecin généraliste, je me pose la question - comme beaucoup probablement - de sa capacité à répondre aux besoins profonds de l'être humain.
 
La science médicale enseignée à la faculté dans la France du XXIe siècle ne se vante aucunement de former les futurs soignants à quelconque philosophie ou sagesse qui permettrait de mieux appréhender la maladie et la mort, ni même d'ailleurs à la psychologie. Chaque médecin est libre d'aborder ces thèmes selon sa propre sensibilité et c'est en quelque sorte une liberté. Notre formation nous propose d'appliquer ce que la méthode scientifique nous a enseigné de l'être humain et de son fonctionnement. Depuis la Renaissance et les Lumières, la science a permis d'observer et comprendre le monde avec de plus en plus de finesse. La médecine s'est alors focalisée sur l'observation analytique du fonctionnement chimique, microbiologique, cellulaire et tissulaire, physiologique et physiopathologique de l'organisme. De cela ont découlé des avancées fort heureuses en matière de diagnostic, de thérapeutique et de prévention. L'espérance de vie actuelle, en France, en est une preuve.
Néanmoins, la place du spirituel a parallèlement quitté le corpus d'enseignements médicaux, et ce progressivement depuis l'antiquité. Elle est aujourd'hui reléguée à un autre plan, celui des convictions ou croyances personnelles ou de la religion - souvent non exploitable pour un esprit scientifique purement observateur des faits. Cependant la pratique méthodique et protocolaire de la "médecine basée sur les faits" ne permet pas d'aider l'être humain à régler sa propre souffrance à sa source. Elle permet de traiter très efficacement le corps et apaiser partiellement la psyché, mais ne sait pas répondre à la question plus générale de la racine de la souffrance. En fait, nous savons pertinemment que nous allons mourir, que la vie peut nous faire souffrir d'une manière ou d'une autre, que nous risquons un jour d'être séparés de nos proches ou de ce qui nous est cher, de perdre ce que nous possédons et contrôlons aujourd'hui. Cela peut être une source d'angoisse, parfois profonde, car même une médecine techniquement très aboutie ne peut pas nous préserver des aléas de la condition humaine.

Si un terme peut ainsi résumer ce qui m'apparaît criant après dix années de soin, c'est le manque de perspective globale de notre médecine. Pour de nombreux patients, je perçois qu'une problématique de santé a souvent du mal à être intégrée dans l'existence de manière harmonieuse, qui lui donnerait un sens. Lorsque la médecine ne peut pas procurer un bien-être immédiat, un soulagement notable, nous nous retrouvons face à l'incontrôlable. Or nous vivons dans un monde du "tout contrôle". Nous cherchons perpétuellement à avoir la mainmise sur notre vie afin d'être heureux : nous rêvons de dominer nos émotions pour ne pas souffrir, de contrôler notre santé, nos relations, notre quotidien. De nombreux progrès techniques récents en sont la preuve : multiples applications de santé, prévention parfois à double tranchant et surdiagnostic, explosion des examens complémentaires, etc.

La médecine n'a pas pour vocation en elle-même d'être un quelconque "enseignement" philosophique, spirituel ni bien évidemment religieux, mais elle peut reposer sur des principes universels de sagesse (qui prendront des formes variées) pour s'appliquer.
 
Si l'on entend réellement cette proposition, la perspective pour le soignant comme pour le patient devient tout à fait autre. Car il est proposé - via ces principes - au premier de se connaitre lui-même véritablement, afin qu'à travers lui soit transmis quelque chose qui découle de moins en moins des projections de sa propre personnalité sur le malade. Quant à ce dernier, il lui est proposé de prendre à bras le corps la responsabilité de sa propre souffrance, mais non comme Atlas (qui croule sous le poids du monde) ni comme un quelconque coupable. L'art de s'occuper avec amour de nous-mêmes pour nous épanouir joyeusement est au contraire la plus belle médecine que nous pouvons nous offrir. Elle nous demande non pas de rester "patients", encore moins clients, mais de devenir des élèves de la vie.
 
Ce blog sera l'occasion, à travers plusieurs thématiques médicales toujours illustrées par des expériences vécues et des enseignements médicaux traditionnels, de mettre en lumière ce principe central d'harmonisation dans la relation de soin. Il est ici question de souligner comment différentes traditions nous rappellent quelques grandes lois inhérentes à tout processus thérapeutique, mais je précise que jamais je n'encourage à délaisser totalement la médecine occidentale conventionnelle pour une autre approche, quelle qu'elle soit. Cette réflexion propose justement de réunir et d'harmoniser les points de vue plutôt que de diviser et d'opposer.

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L'auteur

Dr Gireg LANOS

Dr Gireg LANOS

Médecin généraliste et acupuncteur

L'auteur ne déclare aucun conflit d'intérêts.

M'écrire : contact.auteur.lanos@proton.me

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Je suis diplômé du doctorat de médecine générale depuis 2018. Particulièrement sensible à l'approche holistique de la maladie, j'ai exercé durant sept années en qualité de médecin traitant remplaçant, en milieu rural comme urbain. Après avoir travaillé bénévolement avec Médecins du Monde durant dix huit mois, je me suis formé à la médecine chinoise à la faculté de médecine de Nantes.

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